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Les contraceptifs. Contraception naturelle

Arrêter la pilule, un choix à deux

Minidril, Ludeal ge, Optimizette. Ces 3 noms résument environ 20 ans de pilule.

Comme beaucoup de jeunes filles et femmes, j’ai commencé à en prendre pour réguler mon cycle en plus de l’aspect contraceptif « sur ». Comme beaucoup de femmes j’ai fait confiance à ce contraceptif pour « faire le boulot », faire mon boulot de protéger ma sphère intime.

Cette pilule est aussi très souvent prescrite après un accouchement, sans tenir compte du désir d’allaiter de la maman par exemple. L’allaitement qui est aussi une forme de contraception pourtant. Elle est prescrite alors même que la sexualité du couple ne reprend pas vraiment avant les 3 mois du bébé et revenir régulière que plus tard. 

Est-il alors nécessaire d’être saturée d’hormones en plus du bouleversement naturel de la grossesse?

Endométriose, cancers, infarctus, infertilité. Sans avaler d’hormones de synthèse, nous en respirons, nous en buvons. La baisse de la fertilité de pays riche est liée entre autres, à cette pollution hormonale des rivières notamment et de l’incapacité à supprimer cette prolifération chimique dans l’eau.

Depuis longtemps, la nature féminine est contrainte dans nos sociétés modernes occidentales. Sur fond de crainte d’une grossesse non désirée, nous nous sommes coupées de nos désirs et avons oublié que nous pouvions connaître notre fertilité. 

Pourtant une fille qui observe ses flux depuis son premier jour de femme et donc de fertilité peut être consciente de sa fertilité et du fonctionnement de son corps.

Elle devient alors responsable d’elle même et de son corps sans déléguer le travail à une hormone de synthèse, même micro dosée.

Quand j’ai émis le désir d’arrêter la pilule contraceptive tout court, on m’a rappelée ce « détail »: « mais c’est une micro dosée ». Oui mais non, ça fait plus de 20 ans de micro dosée. C’est 20 année où je ne connaissais pas mon corps, ses variations. 20 ans où le désir et les élans naturels étaient bridés.

D’un commun accord avec mon mari, j’ai arrêté la première fois la prise de pilule à la fin d’une plaquette. En amont de ce processus, j’avais appris à avoir une meilleure hygiène alimentaire. Je craignais de me retrouver à nouveau avec des cycles irréguliers et « la surprise du chef » une fois de temps en temps. Et, devinez quoi? Mes cycles étaient exacts chaque mois. Je savais quand est-ce que mes règles arriveraient, quand est-ce que j’étais fertile. Et puis, je me suis réappropriée mon corps et ai appris à l’écouter.

Je suis retombée enceinte une 3ème fois. Malheureusement, j’ai du subir une Interruption Médicale de Grossesse qui fut très difficile pour moi physiquement et moralement. J’ai accepté à ce moment-là de la reprendre courtement jusqu’à ce qu’au rétablissement de mon corps car il était risqué de retomber enceinte pendant cette période voire après.

Au cas où, j’ai regardé à nouveau s’il était possible de tenter autre chose. Nous n’avions aucune envie de n’envisager ne serait-ce qu’une seule seconde la vasectomie pour Monsieur et  ligature des trompes pour moi-même.

Il y a le stérilet en cuivre donc, sans hormone. Mais trop intrusif surtout après avoir subi 2 césariennes comme moi.

Le diaphragme? Il faut une certaine aisance avec son corps et il faut apprendre à l’utiliser consciencieusement. Bref, des questionnements à ne plus en finir vu la situation.

Et puis, le moment de la délivrance quand en juin dernier, le chirurgien qui me suivait me disait que corps ne risquait plus rien même en cas de grossesse. L’arrêt de la pilule s’est fait à la fin de la plaquette, définitivement j’espère.

Les raisons éventuelles d'arrêter la pilule

Attention, ce n’est pas une condamnation de la pilule et et de devenir une « anti pilule ». Le libre arbitre reste essentiel, encore plus quand on aborde ce sujet. Et puis un corps ne ressemble pas forcément à un autre corps. Le choix dépend ensuite de l’âge, du vécu, du terrain et des priorités de chacun.

Mais il est important, voire vital de permettre aux femmes de comprendre que leur corps est précieux et qu’une option naturelle peut-être envisagée dans certains cas pour éviter les désagréments suivants. Le choix pourra être véritable avec toutes les cartes en main.

Les inconvénients éventuels:

🌿 Physiques

  • nausées

  • maux de tête

  • seins sensibles ou douloureux

  • ballonnements, rétention d’eau

  • prise ou perte de poids (variable)

🌙 Cycle et règles

  • spotting (saignements entre les règles)

  • règles plus légères ou absentes

  • règles « artificielles » pendant l’arrêt

🧠 Psychiques / émotionnels

  • variations de l’humeur

  • anxiété

  • baisse ou modification de la libido

  • sensation de « déconnexion » du corps chez certaines femmes

⚠️ Risques médicaux (rares mais importants)

🩸 Risque thrombo-embolique

(caillots sanguins : phlébite, embolie pulmonaire)

  • Risque faible, mais réel

  • Plus élevé avec les pilules œstro-progestatives, surtout avec les 3ème et 4ème générations, le tabac, en cas de migraines avec aura ou lors d’immobilisation prolongée

❤️ Risque cardiovasculaire

  • AVC et infarctus (très rares chez les jeunes non-fumeuses)

  • Risque accru après 35 ans + tabac

🧬 Cancers : ce que dit la science

  • 🔻 Diminution du risque de cancer de l’ovaire et de l’endomètre

  • 🔺 Légère augmentation du risque de cancer du sein et du col de l’utérus
    → risque qui redevient normal après l’arrêt

🧠 Autres effets possibles

  • carences (vitamine B9, B6, magnésium)

  • modification du microbiote intestinal et vous connaissez l’importance de la microbiote notamment pour la santé et la gestion du stress

  • possible impact sur la santé osseuse (selon pilule et durée)

Pilules contraceptives. Contraceptions naturelles

Connaître le cycle féminin

Pour rappel, voici les 4 phases d’un  cycle (durée moyenne de 21 à 35 jours) chez une femme et ses répercussions éventuelles:

  1. Menstruations (règles)
    → Fatigue, besoin de repos, introspection

  2. Phase folliculaire (après les règles)
    → Énergie montante, clarté mentale, créativité

  3. Ovulation
    → Pic d’énergie, sociabilité, confiance, fertilité maximale

  4. Phase lutéale (avant les règles)
    → Retour au calme, besoin d’organisation, parfois SPM

Redevenir maîtresse de son corps et de son intimité

La contraception naturelle c’est avant tout identifier les jours fertiles du cycle. C’est ensuite les rapports avec pénétration pendant cette période (ou alors utiliser un préservatif) et privilégier les rapports pendant les jours infertiles. Pour identifier ces différentes phases, il y a différentes méthodes.

Une synthèse parue dans le Quotidien du Médecin en date du 22 février 2007 titrait que les méthodes naturelles pouvaient être aussi efficaces que la pilule si les protocoles étaient bien enseignés et bien suivis. 

La plus fiable étant la méthode « symptotermique ». C’est celle que je vais retenir ici.

Chaque jour, on va à la fois observer la glaire cervicale et prendre la température basale, voire observer le col de l’utérus (merci le partenaire!). Pour le thermomètre, il est souvent recommandé le cyclo test Lady. C’est aussi observer les pertes éventuelles comme le léger filet de de sang qui annonce l’ovulation.

Je vous invite à voir les illustrations ci-dessous 

Ceci oblige à apprendre et à être régulier par la suite. Son taux d’efficacité? 99.6%. 

Autrement, vous pouvez utiliser les stérilets cuivre ou encore les préservatifs féminins et masculins qui protègent de plus pour ces derniers des IST.

Enfin, allaiter exclusivement un bébé de moins de 6 mois sans retour de règle est aussi une forme de contraception même si elle est limitée dans le temps.

Contraception naturelle
Température basale, glaire cervical, col de l'utérus comme signes de fertilité
Evolution de la glaire cervicale. Contraception naturelle

Si à la lecture de cet article, vous envisagez de franchir le pas, je vous recommande 3 choses:

  • lire « Cycle féminin et contraceptions naturelles » d’Audrey Guillemaud qui vous expliquera plus en détails le fonctionnement du cycle en relation avec la nature et les différentes méthodes de contraceptions précitées et d’autres que j’ai mis de côté car moins efficaces
  • vous tournez vers une sage femme, gynécologue ou le professionnel de santé qui vous suit en matière de contraception pour en parler, surtout au regard de votre situation
  • Utiliser un outil de suivi de vos cycles (carnet, une application dédiée comme Clue
  • Et le plus important: en parler avec votre conjoint. Comme un enfant, la contraception se discute à deux et les prises de décision également. Ca implique d’autant plus le partenaire dans le processus

Evidemment, je reste à votre disposition pour vous en parler dans le cadre d’un rendez-vous.